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VERS UNE NOUVELLE SOCIÉTÉ
Liberté, égalité, fraternité.
samedi 27 février 2010

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Quand la liberté avance, il semble qu’inexorablement, l’égalité doive reculer pour donner libre court aux égoïsmes. C’est ce que paraît démontrer l’expérience du capitalisme libéral s’étendant au monde entier et réciproquement : « Quand, on veut imposer une plus grande égalité, c’est la liberté qui recule. » (Ce fut le cas en Union Soviétique) Il semble donc y avoir opposition entre la Liberté et l’Egalité, bouchant la voie à la Fraternité. Un autre monde est-il concevable ? Oui, mais nous devons choisir de le créer. Ce nouveau monde correspondrait à une société qui partagerait ses ressources, tout en laissant chacun libre de les produire et de les échanger par l’entremise d’un marché concurrentiel. Concevoir cela, ce n’est pas de l’utopie, c’est vraiment lancer un processus créateur de la société par les hommes eux-mêmes, éveillés à la conscience de leurs capacités, libérés de l’emprise de la fausse réalité vissée sur la matière qui, jusqu’à présent, les a rendus aveugles et soumis à la fatalité. Comment dès lors, passer, sans violence et avec succès, d’un monde tel qu’il est actuellement organisé, à un autre monde ? En modifiant la « génétique » de nos sociétés. Modifier génétiquement la société consiste à introduire une coupure, une disjonction entre la production des richesses et leur répartition. Il s’agit par là de choisir ensemble et démocratiquement, une règle de partage, transparente, évolutive et révisable. Cette règle introduit une autre économie dite sociale, en donnant à chaque citoyen, un revenu d’existence inconditionnel. Elle est issue du mécanisme de l’économie de marché. On instaurera de la sorte toujours plus de liberté par le biais d’une plus grande égalité monétaire. Que les citoyens de l’humanité entière puissent choisir et maîtriser leur destin, voilà le projet. Ce chemin est celui du « libéralisme fraternel ». Il annonce la venue d’une « Clémente Economie ». Aujourd’hui, la loi qui sous-tend toute l’organisation de notre société est que, seuls ceux qui participent à la production peuvent légitimement prétendre à un revenu. La valeur du produit est appelée par les économistes, valeur d’usage, mesure du revenu. 6 Lorsque je rencontre l’autre, cette valeur d’usage peut se transformer en valeur d’échange car on gagne toujours à donner le bien où l’on est relativement efficace, le bien qui vous prend le « moins de temps », contre celui qui vous en prend le plus pour l’obtenir. Dans ce cadre, la monnaie rend palpable la valeur du temps libre acquise grâce à l’échange. En réalité, c’est du temps que nous échangeons et la monnaie nous donne la maîtrise de ce temps. L’inégalité économique semble donc le prix à payer pour jouir de la liberté et de la maîtrise de son temps. Oui, l’inégalité des revenus individuels est fatale et rien ne pourra changer les choses, sauf peut-être par l’application d’une loi sur la valeur-temps. Cette loi théorique de la distribution des revenus impose que toute unité de temps, indépendamment de son utilisation, reçoive un équivalent en monnaie, soit la dose minimum que nous avons appelée le « Revenu d’existence » cumulable avec d’autres revenus. Rendant compatible la liberté et l’égalité, tous pourront avoir les moyens d’assurer la liberté de leurs choix. Cette liberté de choix est d’autant plus urgente que le plein emploi au sens classique du terme n’est plus possible et qu’il faudra trouver d’autres formes de reconnaissances socio-économiques et de revenus. Le revenu de base relève de cette nouvelle dynamique. Actuellement, la propriété et le marché se nourrissent de la souffrance d’une masse d’êtres humains. Ils excluent nombre d’hommes et de femmes, ils les rivent à la pauvreté, les condamnent à lutter pour leur survie, ils détruisent des vies. Voilà ce qui est l’évidence. Ce que nous observons aujourd’hui avec le chômage, la flexibilité, la mondialisation, les délocalisations, c’est l’expulsion des travailleurs d’un système capitaliste en voie de dissolution. Par ailleurs, nous ne résistons pas aux tentations de la société de consommation. L’individualisme et l’empire des choses nous dirigent toujours et nous fait espérer qu’en ayant du temps et de l’argent, nous serons heureux. Or, à la lumière de nos expériences, nous voyons que ce chemin de l’AVOIR POUR ÊTRE en passant par le FAIRE est un leurre et ne mène jamais au bonheur et à la plénitude, car le manque de « choses » existera toujours. En ce 21ème siècle, la nouveauté réside dans le fait que nous savons cela. La nouveauté, c’est que nous sommes conscients du meilleur comportement et conscients de ne pas y parvenir, un peu comme l’alcoolique qui ne tient pas ses promesses de sobriété. L’égoïsme de l’individualisme est encore bien présent dans nos sociétés enfermées dans leurs privilèges. Cependant, vu la mondialisation, chacun commence à se sentir à la fois petit élément d’un tout, palpitant et vivant, grandi par l’appartenance à l’unité. Des concepts nouveaux envahissent nos esprits comme développement durable, éthique, humanitaire, responsabilité collective, mais hélas, leurs applications concrètes restent encore parcimonieuses. Développer cette nouvelle idéologie solidariste, c’est chercher le chemin d’expansion entre ces deux rives extrêmes que sont la défense de l’individu… et le souci du bien collectif. Il ne s’agit plus alors d’agréger les hommes, en les attirant par aimant pour les rassembler, les uniformiser dans leurs pensées et leurs actions, mais de trouver le chemin vers l’harmonie. Il s’agit de vivre solidaire dans l’unité, sans trop déterminer les choses, en laissant s’exprimer la liberté individuelle. Tel est le nouveau défi de l’humanité après avoir vaincu la rareté matérielle. Somme toute, il nous faut redéfinir « l’utopie ». 7 L’utopie n’est pas une fiction rêvée. Elle est représentation imagée et consciente du projet commun. Elle a vocation à se concrétiser. Elle impose un devoir de réalisme immédiat… L’utopie est réaliste.
 

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