| PR@xion
. Prospective, Presse Privée & @lternative
Projet proactif d’(in)formation
et d’action prospective - Don’t hate the media, be a media - |
![]() http://www.arsitra.org/ |
Je vous ai enseigné à ne pas croire simplement d’après ce qui vous a été dit mais conformément à votre expérience personnelle,et puis, à agir en conséquence et généreusement.
- Le Bouddha -
par Anne Morelli, directrice adjointe du Centre Interdisciplinaire d’Études des Religions et de la Laïcité à l’Université Libre de Bruxelles (CIERL-ULB)
Mais vous connaissez le conte d’Alphonse Daudet "La chèvre de monsieur Seguin". La petite chèvre sait très bien que toutes celles qui l’ont précédée à aller dans la montagne se sont fait dévorer par le loup, mais elle entend tout de même l’affronter. Elle se fie à ses petites cornes si pointues...
Telle la chèvre de M. Seguin, je pensais être suffisamment aguerrie aux médias pour ne pas être piégée par une invitation de France2. Je suis une vieille habituée des débats de RTL et d’émissions de la télévision belge (RTBF et VRT). J’y suis invitée soit comme "expert" (en matière historique ou religieuse) ou comme représentante de la laïcité. J’y suis toujours traitée avec respect : le débat peut être vif, c’est parfois le cas avec des représentants religieux, mais "Controverse" par exemple, est enregistrée à RTL en temps réel, le plus souvent en direct et aucune coupure n’y est réalisée.
Ma seule expérience française (la regrettée émission "Arrêt sur image") m’avait semblé correcte et j’ai donc tendu une oreille attentive à l’invitation qui m’était faite par France2. Une charmante assistante me demandait de participer à une émission dont j’ignorais tout et qu’elle me présenta comme étant un débat contradictoire sur les nouveaux mouvements religieux. Il s’agissait de "Ça se discute" de Jean-Luc Delarue. La jeune assistante demanda à pouvoir recevoir et lire mes livres sur le sujet et m’en fit un résumé correct qui devait, disait-elle, servir de base à la construction de l’émission. Elle me promit qu’ils seraient présentés en cours d’émission.
Un peu inquiète de ce qu’on me disait de Delarue, j’ai demandé à recevoir des assurances sur le caractère sérieux de l’intervention que je ferais dans l’émission et sur le caractère véritablement contradictoire du débat. Il m’a été répondu fermement que des victimes de la "chasse aux sectes" étaient invitées à venir s’exprimer autant que des victimes de "sectes".Rassurée,j’accepte de participer à l’émission dont la date est fixée au 5 septembre.
Deux jours avant cette date, l’assistante me rappelle : le titre de l’émission a changé et intègre le mot péjoratif “gourou” " et par ailleurs elle ne se déroulera pas en direct. Le contenu de l’émission doit être supervisé par les instances de la chaîne, elle sera tournée en différé et montée. En outre on me fait part d’une bien étrange consigne : pour éviter toute publicité (sic) pour l’une ou l’autre "secte", je suis priée de ne prononcer le nom d’aucune d’entre elles ! Je pensais faire un parallèle entre le caractère aussi absurde ou raisonnable des croyances raëliennes et chrétiennes mais je suis estomaquée de devoir transformer "Raël" par "Tralalala". A ma question de savoir si je pourrais néanmoins citer les Chartreux, l’assistante ne flairant pas mon piège, me répond innocemment que "pour eux évidemment, il n’y a pas de problème" !
Le tournage étant plus tôt dans la journée que le direct prévu initialement, et les soutenances de mémoire ne me permettant pas de quitter Bruxelles plus tôt, France2 n’hésite pas à m’envoyer à la gare du Nord un motard pour me conduire rapidement en ses studios. J’y découvre là un Barnum invraisemblable : les "spectateurs" sont en fait des figurants dociles qu’on chauffe et parmi lesquels, les responsables de l’émission - théoriquement ouverte au public ! - ont vite fait de repérer des personnes qui ont pris pour argent comptant ce caractère officiellement libre d’accès à l’émission mais qui y sont indésirables. Une dame, nullement violente, ni sale, ni agressive est ainsi vouée à l’expulsion. On tente d’abord de la persuader fermement de quitter les gradins. Comme elle ne s’y résoud pas, deux barbouzes la soulèvent, la couchent et l’enlèvent, l’un la tenant par les pieds, l’autre par les épaules ! La scène n’apparaîtra évidemment pas à l’écran !
Par ailleurs, la Mission Interministérielle de Vigilance et de Lutte contre les Sectes : MIVILUDES, est intervenue en dernière minute, pour que ne soient pas admises à témoigner les victimes de la chasse aux sectes, pourtant dûment invitées (billet de train et hôtel déjà payés) et présentes.
L’émission s’intitule "Ça se discute" mais en réalité aucune discussion n’est possible : les "victimes des sectes" seules ont la parole. Elles sont invitées, une à une, à venir témoigner très longuement d’histoires tragiques et émouvantes qui leur sont advenues il y a parfois plus de vingt-cinq ans.
Un psychothérapeute, issu comme moi de l’Université de Bruxelles, a été invité à parler de sa pratique. Jean-Luc Delarue le traite avec une ironie agressive et dès qu’il commence ses explications, le présentateur l’interrompt (par deux fois) pour dire : "On ne va pas rester ici toute la nuit à vous écouter". A la deuxième interruption, ce monsieur se lève dignement et quitte le plateau.
A la représentante de la MIVILUDES, par contre, le temps n’est en rien compté et elle seule peut intervenir pendant toute l’émission et sur tous les sujets.
Quant à moi, après une attente de deux heures en périphérie du plateau (la seule corbeille de fruits secs y porte une insolente mention "réservée” et est réservée au seul M. Delarue !), j’y suis finalement introduite en fin d’émission. Avant de m’asseoir sur le siège que vient de quitter le psychothérapeute, je demande à Delarue s’il me traitera plus poliment que son invité précédent mais ce sera à peine le cas. Le temps presse et lorsque j’entame un parallèle avec des pratiques "nuisibles" des grandes religions, Delarue m’interrompt pour dire : "Il me semble que vous avez un fameux problème avec la religion catholique". Ses moqueries sont relayées automatiquement par le rire (enregistré ou spontané ?) du public. Au moment où l’un des témoins profère une énormité, je me décide à intervenir mais... mon micro est fermé. Il est totalement impossible de discuter à "Ça se discute". De mes livres, il n’a évidemment pas été question. Le traitement médiatique des "sectes"
Suite de l’action judiciare entreprise par Baudouin Labrique
COMMUNIQUE DE PRESSE
Copie du Communiqué de presse envoyé à l’Agence Belga à à l’Agence France Presse envoyé le 3 février 2010 à 17h.
DIFFUSION DU COMMUNIQUE SUR LE SITE DE L’AGENCE BELGA (correspondant en Belgique de l’AFP).
Un psy belge a fait condamner en justice Jean-Luc Delarue, sa société Réservoir Prod et France 2
(03/02/2010)
Le psychothérapeute connu Baudouin Labrique avait été appelé par Jean-Luc Delarue en tant qu’expert en psychothérapie à l’émission "Ca se discute" diffusée le 19 septembre 2007 sur France 2.
S’estimant avoir été maltraité, Baudouin Labrique a porté l’affaire en justice devant le tribunal de Grande Instance de Paris ; Jean-Luc Delarue, sa société Réservoir Prod et France 2 ont été condamnés fin 2009 ; ils n’ont pas interjeté appel. C’est un jugement important en ce qu’il admet que l’application de l’article 1382 du Code Civil est possible en matière d’abus de la liberté d’expression lorsque la faute est sans rapport avec une infraction de presse. La requalification de l’action indemnitaire sur le fondement de la Loi de 1881 sur la liberté de la presse a été en effet été refusée par le tribunal.
Baudouin Labrique avait déclaré dans une interview publiée par le groupe Rossel, peu après l’enregistrement de l’émission : "Au début, j’étais réticent [ndlr : à participer], mais mon interlocutrice m’a convaincu que Jean-Luc Delarue s’intéressait au développement personnel et qu’il s’agissait d’un débat sain et équilibré. Nous avons préparé le fil conducteur, l’émission et les thèmes qui seraient abordés.... Je pensais que c’était une bonne occasion de redorer le blason des thérapeutes dont on dit tout et n’importe quoi" (…). "Je venais pour expliquer le mode de fonctionnement, le comportement des thérapeutes et le code de déontologie qui régit notre profession. Je me suis senti manipulé au cours de cette émission".
Suite à la diffusion de l’émission, appelée également comme expert à l’émission, le Pr Anne Morelli avait écrit : "Un psychothérapeute, issu comme moi de l’Université de Bruxelles, a été invité à parler de sa pratique. Jean-Luc Delarue le traite avec une ironie agressive et dès qu’il commence ses explications, le présentateur l’interrompt (par deux fois) pour dire : ’On ne va pas rester ici toute la nuit à vous écouter’. A la deuxième interruption, ce monsieur se lève dignement et quitte le plateau".
Dans le cours de l’émission, Jean-Luc Delarue avait prétendu que Baudouin Labrique parlait depuis 20 minutes : le décompte exact du temps de parole qui lui a été alloué durant cette émission n’est que de 1 minute et 30 secondes, ce qui ne constitue qu’un pourcent de la durée totale de l’émission (2 heures et 20 minutes), ce qui équivaut à 1 % de l’émission diffusée.
Baudouin Labrique a adressé en vain un droit de réponse à la société de production de M. Jean-Luc Delarue. Il a alors assigné en justice Jean-Luc Delarue, sa société Réservoir Prod et France 2, se prévalant : " de manquements à la loi du 30 septembre 1986 sur la communication audiovisuelle ainsi qu’aux principes d’honnêteté de l’information, d’équité du débat télévisé et de respect de la dignité (…) ".
Le tribunal a relevé le retrait d’une phrase entière prononcée par Baudouin Labrique, en changeant le sens du dialogue et de toute première importance pour l’information objective des téléspectateurs. ’La charte de l’antenne’ de ’France Télévisions’ stipule en effet que « lorsqu’une interview ou une émission fait l’objet d’un montage, celui-ci ne doit pas avoir pour conséquence de dénaturer les propos tenus, leur sens et leur portée ».
Pour y arriver, Baudouin Labrique a produit l’enregistrement personnel qu’il a fait sur le plateau de l’émission (diffusée en différé), enregistrement auquel les parties ne se sont même pas opposées ; il craignait que l’on ne déforme ses propos par l’entremise des coupures opérées habituellement en pareilles circonstances. Dans ses conclusions au tribunal, Baudouin Labrique " a considéré qu’une amputation de son discours, même vierge de toute intention malveillante, pouvait malencontreusement générer une interprétation erronée de ce qu’il entendait dire aux téléspectateurs " ; ainsi, il a recouru à cet enregistrement "par mesure de précaution et pour pouvoir, par exemple, s’expliquer ensuite le cas échéant, preuves à l’appui (…) ".
Une des originalités de ce jugement et qui lui donne une importance particulière est, selon l’avocat de Baudouin Labrique, "qu’il faut considérer que le jugement est très satisfaisant en ce qu’il admet que l’application de l’article 1382 du Code Civil [°] est possible en matière d’abus de la liberté d’expression lorsque la faute est ’sans rapport avec une infraction de presse’.
Dans son principe, le Tribunal reconnaît qu’un montage peut être fautif, de même qu’une émission peut porter atteinte à la dignité humaine. Les parties adverses n’ont en effet pas été suivies sur leur demande de "requalification de l’action indemnitaire sur le fondement de la Loi de 1881 sur la liberté de la presse".
Baudouin Labrique s’estime dès lors satisfait d’avoir pu faire avancer la jurisprudence et espère que les animateurs de télévision, entre autres, auront à cœur de respecter davantage les droits de leurs intervenants.
[°] "Tout fait quelconque de l’homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer". (Dossier :http://www.retrouversonnord.be/csd.htm).
Contact : uniquement par mail CSD-Presse@skynet.be
Dossier photos : http://www.retrouversonnord.be/Photos_CSD.htm
Retrolien vers la présente page : http://www.retrouversonnord.be/csd.htm
N.B. Ce n’est que fin janvier 2010 que l’avocat de Baudouin Labrique a reçu le certificat du tribunal attestant le défaut d’appel.
Fin du communiqué de presse
DELARUE et FRANCE 2 assignés en justice par un psy belge.
Le psychothérapeute belge réputé Baudouin Labrique a assigné le 10 juillet devant le Tribunal de Grande Instance de Paris l’animateur Jean-Luc DELARUE, la Société RESERVOIR PROD et la Société FRANCE 2 suite à sa participation à une émission de "Ca se discute" (septembre 2007). M. Baudouin Labrique demande au Tribunal de Grande Instance de Paris de juger de leurs diverses responsabilités dans ce qu’il dénonce comme : un dol entraînant la nullité du contrat qu’il a signé avec la société RESERVOIR PROD, des propos censurés ou déformés, une atteinte à sa dignité, une violation des principes d’honnêteté et d’objectivité de l’information, une désinformation des téléspectateurs. L’émission télévisée "Ca se discute" en question a été diffusée sur la chaîne privée belge AB3 le 18 septembre dernier et le lendemain sur la chaîne publique France 2 ; elle était consacrée aux sectes, aux gourous et notamment aux thérapeutes qui se livrent à des dérives de type sectaires. M. Baudouin Labrique devait figurer sur un plateau d’experts. Jean-Luc Delarue s’était engagé à suivre un cadre et un contenu précis pour qu’il puisse remplir la mission convenue : apporter un éclairage objectif et circonstancié sur certaines techniques psychothérapeutiques et d’éventuelles dérives dans leur usage ; il devait montrer, en revanche, comment se pratique dignement une psychothérapie respectant des déontologie et éthique strictes et conformes à la Loi. Lors du tournage de l’émission, dénonçant un traquenard, M. Baudouin Labrique a quitté le plateau en cours d’enregistrement. Il lui avait été précisé auparavant et maintes fois que l’émission passerait en direct, ce qui n’a pas été le cas. M. Baudouin Labrique s’en en plus vu constamment interrompu irrespectueusement et impoliment, empêché d’intervenir et de pouvoir répondre, d’une manière satisfaisante, aux rares questions qui lui étaient posées ; il considère que cette situation s’est vue aggravée par des coupures dénaturant tendancieusement ses propos lors des diffusions ultérieures sur l’antenne : sa prestation enregistrée a été réduite à une minute trente sur l’antenne ! Dans son assignation, il estime que la mission garantie n’a pas du tout été respectée et qu’un dommage considérable a été généré à son égard. Il demande à la justice française de condamner M. Jean-Luc DELARUE, la Société RESERVOIR PROD et la Société FRANCE 2 à réparer son préjudice.
###
Dossier de presse : http://www.retrouversonnord.be/presse_csd.doc
Vidéo à visionner : http://www.dailymotion.com/cicns9/video/x3xmez_sectes-ca-se-discute-190907analyse_politics
Dossier PHOTOS : http://www.retrouversonnord.be/Photos2_CSD.htm Article paru lors de l’émission : http://www.retrouversonnord.be/Article_Sud_Presse_25_9_2007.pdf